
L'expansion pétrolière en RDC : une menace pour les écosystèmes et les communautés
Bukima, Parc National des Virunga, RDC
Source : Earth Insight, 2025
Voir l'analyse originaleLa République Démocratique du Congo (RDC) a lancé un nouveau cycle d'attribution de licences pour 52 blocs pétroliers (plus 3 blocs accordés à CoMico), couvrant 124 millions d'hectares — une expansion significative et préoccupante par rapport aux offres de 2022.
Des analyses spatiales révèlent que ces blocs empiètent sur des zones écologiques et vitales. Du projet du Couloir Vert, aux aires protégées, en passant par les forêts et les terres autochtones, les données montrent que des paysages essentiels restent fermement dans leur ligne de mire.

Les défis persistent pour les aires protégées et les écosystèmes critiques dans un contexte de nouveaux développements

- —8,3 millions d'hectares des nouveaux blocs pétroliers intersectent des aires protégées.
- —8,6 millions d'hectares supplémentaires empiètent sur des zones clés de biodiversité reconnues internationalement.
- —66,8 millions d'hectares, soit 64 % des forêts intactes restantes de la RDC, se trouvent à l'intérieur des limites des concessions.
Les nouvelles concessions ont été soigneusement délimitées pour éviter le chevauchement direct avec les frontières d'autres aires protégées, tout en restant à proximité immédiate de certaines des zones de biodiversité et climatiques les plus importantes du Bassin du Congo.


Le Couloir Vert menacé par l'expansion des concessions pétrolières

29 blocs pétroliers couvrent 72 % du Couloir Vert, compromettant l'une des initiatives de conservation les plus ambitieuses de la RDC. Officiellement créé par décret ministériel en janvier 2025, le Couloir Vert est destiné à protéger plus de 100 000 km² de forêts primaires et 60 000 km² de tourbières.
La décision de mettre aux enchères des concessions de combustibles fossiles à l'intérieur du Couloir Vert menace la réputation internationale du projet et compromet ses engagements en matière de biodiversité et de climat.

Expansion du secteur des combustibles fossiles dans la plus grande tourbière tropicale du monde

La Cuvette Centrale couvre plus de 145 000 km², soit une superficie équivalente à celle du Népal. Elle constitue le plus grand système de tourbières au monde et le plus riche en carbone, stockant environ 30 gigatonnes de carbone.
Les nouveaux blocs pétroliers annoncés couvrent la quasi-totalité des tourbières. Toute perturbation de ces écosystèmes fragiles risque de libérer d'énormes quantités de carbone stocké, accélérant ainsi le changement climatique.
Les moyens de subsistance en péril

- —Environ 39 millions de personnes vivent à l'intérieur des limites des nouveaux blocs pétroliers.
- —63 % des forêts communautaires se trouvent désormais à l'intérieur des limites des blocs pétroliers.
Ces forêts sont essentielles non seulement pour la biodiversité et la résilience climatique, mais aussi pour la subsistance, la bonne gouvernance et l'autonomie des communautés.
Un tournant pour l'homme et la nature en RDC
Le cycle d'attribution de licences de 2025 indique que la RDC continue l'expansion du secteur des combustibles fossiles malgré l'opposition continue de la société civile congolaise.
Les acteurs locaux, dont la coalition Notre Terre Sans Pétrole, exigent l'annulation immédiate des ventes et concessions de blocs pétroliers, un moratoire sur l'expansion des combustibles fossiles, et une nouvelle vision pour le pays fondée sur la paix, la justice et la dignité environnementale.
Ce qui se passera ensuite déterminera l'avenir du Bassin du Congo et de la planète.
